« EXPERTS à l’École » – Le 27 novembre 2025, le collège Garibaldi a accueilli deux gendarmes de la brigade d’Aix-les-Bains pour un impressionnant programme autour d’ateliers pratiques mobilisant la totalité des élèves de troisième de l’établissement !

Entamée en 2024, cette collaboration exceptionnelle s’inscrit dans le cadre de l’opération « EXPERTS à l’École » pilotée par « Sciences à l’École » en partenariat avec l’Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale (IRCGN).

L’an passé ce sont les gendarmes qui accueillaient les élèves dans leurs locaux, avenue de Marlioz, pour une rencontre privilégiée autour d’un programme très riche. Ils avaient ainsi pu échanger avec les militaires de la brigade nautique et du PSIG (Peloton de Surveillance et d’Intervention de la Gendarmerie), mais aussi les motards de la sécurité routière ainsi que les TIC (Techniciens en Identification Criminelle) pour un atelier pratique de recherche et révélation d’empreintes digitales.

Cette année, Alexandre Peype et Céline Pont, tous deux professeurs de physique-chimie coordonnateurs du projet, ont souhaité accueillir les gendarmes au sein même de leur établissement. Les gendarmes Thomas Pinel et Iris Cherel sont ainsi venus à la rencontre des élèves pour une matinée d’échanges et d’activités qui a nécessité en amont une préparation et une coordination impressionnantes.

Alexandre Peype raconte ce projet et la journée de rencontres dans un récit à découvrir en intégralité ci-dessous.

Crédits photos : Alexandre Peype


« Après une première année scolaire 2024-2025 plus que réussie, le collège Garibaldi a relancé officiellement son projet criminalistique pour l’année 2025-2026 ce jeudi 27 novembre 2025. Mené en lien avec le réseau « Experts à l’École » et la brigade de gendarmerie d’Aix-les-Bains depuis un an et demi, il vise à promouvoir les métiers scientifiques en lien avec l’expertise criminelle tout en donnant la possibilité aux élèves de collège/lycée de rencontrer de plus près des professionnels du terrain.

Ainsi, en acceptant d’accueillir au sein de leur établissement les gendarmes Thomas Pinel et Iris Cherel, les chefs d’établissement, Monsieur Breyton et Monsieur Gardeil, ont contribué à rendre encore plus visible tout ce travail de fourmi mené en collaboration étroite depuis un an et demi par une large partie de l’équipe pédagogique impliquée dans ce projet d’envergure, pour lequel les compétences en matière de criminalistique se développent à grande vitesse au fil des mois qui passent…

Lors de cette matinée riche en échanges et appropriations des techniques criminalistique utilisées par les experts dont les gendarmes font partie, nos 111 élèves de 3ème présents ont pu participer à trois ateliers différents durant 2h dont voici une description :

En salle 208, par groupes de 15 à 18 élèves, le gendarme Thomas Pinel a répondu pendant environ 30 minutes aux nombreuses questions des collégiens, souvent curieux de savoir quelles études il faut faire pour devenir gendarme ou encore en quoi consiste exactement ce métier. Il lui a été parfois même demandé de prêter son gilet pare-balles pour montrer aux élèves qu’il n’est pas si lourd que ça ou encore d’évoquer les différentes scènes de crime auxquelles il a pu assister dans sa carrière. Au détour d’une conversation, il a même procédé à un échange de mails car une élève cherche encore un stage qu’elle pourrait faire dans les prochains jours… Elle a peut-être eu une révélation, qui sait ? Et à peine après avoir avalé un café bien mérité, il faut déjà y retourner car les élèves sont là.

Une fois le décor posé, les élèves sont invités à rester quelques minutes devant la salle 204. Pendant ce temps, la gendarme Iris Cherel prépare les collègues de l’établissement ayant accepté de prendre les rôles divers de témoin, médecin légiste ou tout simplement proche de la victime du jour, « Thomas » ce jeune aide-laboratin de 35 ans retrouvé décédé autour de 7h30 ce jeudi matin, alors que ses jours n’étaient pas vraiment comptés… Attention à ne surtout pas oublier de matérialiser le tracé avec post-it et des plots de couleur jaune, sinon gare aux possibles complices ayant aidé le suspect n°1 à s’échapper en douce… Une fois les élèves dans la salle, les premières questions fusent aussi vite que l’attaque au couteau dont a été victime le jeune homme retrouvé mort sur son lieu de travail : « Qui est le potentiel coupable parmi le personnel du collège ? », « À quoi doit-on veiller lorsqu’on rentre sur une scène de crime ? », « Quels sont les premiers gestes à effectuer et surtout les premières preuves à recueillir ? ».

Même si l’on n’est pas gendarme, tout le monde a sa petite idée derrière la tête, car ayant déjà vu dans sa vie des séries policières ou parce que tout simplement friands de thrillers dignes des meilleurs polars … Les élèves ont ainsi pu découvrir le b.a-ba en matière de relevés d’identité des personnes présentes, de questions simples qu’on peut poser mais qui veulent parfois dire beaucoup plus qu’on ne le croît. La gendarme Chérel mène méthodiquement la troupe – dont Ilyana, Anne, Céline, Laëtitia ou Hélène –  et donne le change aux élèves parce qu’elles n’hésite pas non plust à improviser et à changer les rôles quand les collègues pressés de retourner en cours, ne font plus partie de ce mini-cluedo imaginé pour l’occasion. Attention à ne surtout pas oublier de matérialiser le tracé avec post-it et des plots de couleur jaune, sinon gare aux possibles complices ayant aidé le suspect n°1 à s’échapper en douce…

C’est enfin en salle 202, que se terminera ce circuit d’ateliers pour les jeunes experts en herbe du collège Garibaldi. Là, Céline Pont et moi-même, professeurs de physique-chimie et porteurs du projet, rejoints cette année par leur collègue de français Céline Vivet, formons les élèves aux relevés d’empreintes et aux techniques de prélèvements de fluides corporels. De la poudre noire par-ci, du sang par-là, ou encore un peu de transpiration, laissés par la victime et/ou son agresseur, sont autant d’indices déterminants pour espérer révéler l’identité du tueur. Mais avant, il faut opérer minutieusement et en suivant un protocole rigoureux . Un peu d’eau distillée sur les cotons-tiges, un tube à essai avec son bouchon et le tout partira dans quelques jours à la Cellule d’Investigation Criminelle de Chambéry… Les empreintes des doigts révélées par les quelques grains de poudre noire auront quant à elles été capturées pour chaque élève dans le but d’être bientôt exploitées en classe.

Quand le tour se termine, c’est la photo de groupe traditionnelle qui attend les mines réjouies des élèves, qui vivront la suite du projet dans quelques semaines. Pendant que l’intrigue sera écrite par les enseignants regorgeant d’idées plus ou moins techniquement réalisables, il faudra espérer que les souvenirs de cette matinée persisteront encore chez ces élèves car lors de la reconstitution de crime prévue fin février – début mars, ils devront mettre à profit ce qu’ils ont appris… D’abord, en sciences mais aussi en anglais et en français avec la rédaction d’articles de presse et même en arts plastiques où le magnifique projet collaboratif imaginé par Olivier Taillefer devrait pouvoir prendre naissance, le but étant que chaque élève puisse laisser à son tour la trace qu’il souhaite sur ce stimulant projet.

Pour en savoir plus, rendez-vous en 2026 ! Mais en attendant, un grand merci à tous les partenaires de même qu’à la direction du collège Garibaldi qui soutiennent tous à leur manière le Murder Club ! »

 

Alexandre Peype, collège Garibaldi, Novembre 2025


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