Le cahier pédagogique

Les activités pédagogiques de recherche criminelle peuvent se conduire dans des cadres institutionnels variés.

Afin de contribuer à l’échange et à la mutualisation des pratiques, les enseignants du réseau  « EXPERTS à l’École » produisent des ressources pédagogiques et les proposent en accès libre. Le cahier pédagogique ci-dessous a été validé par le comité scientifique de l’opération « EXPERTS à l’École ».

Cahier pédagogique

   

Tissus, fibres et prélèvements d’empreintes observés au microscope numérique


Les actions menées dans les établissements scolaires

Depuis 2015, année de la première vague d’équipements en matériel, les enseignants mettent en place des projets riches et innovants au sein de leur établissement scolaire, mobilisant l’ensemble de la communauté éducative, très souvent avec le soutien généreux de partenaires extérieurs. Voici le retour de quelques enseignants (et de leurs élèves) sur leur participation à l’opération, leur expérience, leur enthousiasme. D’autres projets seront mis en lumière prochainement…

 

Collège des Deux Sarres à Lorquin (académie de Nancy-Metz)

Christelle Jacquemin, professeure de SVT, a proposé en 2021 aux élèves de quatrième, la création d’une visite virtuelle de l’établissement, couplée à un Escape game. Le tout étant destiné aux élèves de CM2 de secteur, futurs collégiens, lors des journées « portes ouvertes » organisées au collège en fin d’année scolaire.

 

   

Rédaction du scénario et découverte du matériel de l’Escape game

 

Le contexte sanitaire, entre autres, a évidemment considérablement compliqué la tâche des équipes pédagogiques. Christelle Jacquemin, nous explique la problématique et les enjeux de ce projet hors normes.

« A l’origine du projet un premier constat lors de l’analyse et la rédaction du contrat d’objectifs de l’établissement avait fait apparaître un déficit d’orientation vers les filières scientifiques post seconde générale, tant au niveau des garçons que des filles. A ce premier constat, il fallait ajouter celui d’un environnement enclavé de notre établissement, rural et à fort taux de CSP défavorisées, ne permettant pas aux élèves de faire montre d’ambition et de connaissance du monde scientifique.

 

      

Les élèves en plein tournage, sous haute sécurité !

 

De nombreuses actions avaient auparavant été mises en place dans l’établissement pour promouvoir les sciences, en particulier chez les filles, mais avec un succès mitigé. Ce projet orienté vers des objectifs scientifiques nous avait donc semblé être à même de servir de fil conducteur pour orienter nos actions en faveur de  la réussite des élèves, produire un déclic les amenant à affiner et à assurer leurs projets d’orientation et en particulier promouvoir les choix vers des filières scientifiques.

Nous avions initialement prévu de faire suivre aux élèves de quatrième, chaque semaine sur un créneau horaire commun aux disciplines porteuses du projet, un enseignement pratique utilisant du matériel d’expertise scientifique, sous forme d’ateliers tournants. La finalité de ces ateliers était la réalisation d’une enquête scientifique à destination d’élèves plus jeunes (CM2) des écoles de secteur, au moment de la journée portes-ouvertes de l’établissement. 

 

      

En visioconférence avec la capitaine Nicolas depuis l’IRCGN le 11 mai 2021

 

L’intérêt était double : faire manipuler et acquérir des compétences propres aux disciplines scientifiques aux élèves de quatrième d’une part, les rendre autonomes et d’autre part, améliorer l’accueil des élèves de sixième en leur faisant découvrir leur futur établissement ainsi que leurs futurs camarades de troisième. »

 

Retrouvez la suite de la conception du projet et testez l’Escape game en cliquant sur les boutons ci-dessous :

Collège La salle Saint-Bernard à Bayonne (académie de Bordeaux)

Isabelle Boisan et Corine Lassalle (professeures de physique-chimie et SVT) coordonnent un projet dans leur collège, avec des classes de sixième, quatrième et troisième.

 

 

   

Visioconférence avec l’IRCGN pour les élèves du collège La Salle Saint-Bernard, en janvier 2021

 

Lycée Théophile Gautier à Paris (académie de Paris)

Le « Labo de Théophile » mis en place par Sandrine Labat, enseignante du réseau EXPERTS, constitue une véritable mine d’informations s’adressant à tous les enseignants de collège et de lycée qui souhaitent se lancer dans un projet expérimental en criminalistique.

 

   

Les experts du « Labo de Théophile »

 

De 2015 à 2017, ce projet a permis aux élèves de travailler dans des mini-laboratoires fonctionnant sur le modèle de ceux de l’IRCGN (Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale) et abordant les disciplines des sciences forensiques : analyse d’empreintes et de documents, entomologie, balistique, microanalyse, entre autres.

Le lycée Théophile Gautier a accueilli, à deux reprises, des élèves de CM2 venus découvrir les activités du « Labo de Théophile » dans le domaine de la criminalistique.

 

   

Les élèves de CM2 s’initient aux disciplines de la criminalistique

 

Ce travail remarquable coordonné par Sandrine Labat, professeure de mathématiques-sciences a permis à cet atelier scientifique d’être récompensé aux côtés de l’IRCGN par le Prix Armées-Jeunesse 2017 « découverte des armées », le 31 mai 2017.

 

   

Remise du prix Armées-Jeunesse sur le site de l’École militaire à Paris le 31 mai 2017

 

Le laboratoire n’est plus en activité, mais les ressources pédagogiques restent consultables en suivant le lien : « Le labo de Théophile »

 

Collège George Sand à La Châtre (académie d’Orléans-Tours)

« Comment donner le goût des sciences et faire découvrir la démarche d’investigation aux collégiens ? C’est en imaginant un scénario digne de la série « Les experts » !
Les élèves découvrent une scène de crime (fictive bien sûr!) : M. Labiche, professeur de SVT a été retrouvé sans vie dans sa salle de cours. Le rapport d’autopsie indique la cause du décès : traumatisme crânien avec hémorragie.

 

    

Encre invisible révélée à la lumière bleue et photo microscopique de dépôts de sable

 

Les élèves endossent alors la tenue des TIC (techniciens en investigation criminelle) et apprennent à relever des indices très variés : des empreintes papillaires avec les poudres magnétiques noires et colorées, des traces de sang nettoyées décelables grâce au luminol, un message codé dans le téléphone de la victime décrypté avec le code César, un message écrit à l’encre invisible révélé avec une lampe de couleur, ou bien des traces de pollen étudiés pour identifier l’espèce végétale, des cheveux ou poils d’animaux comparés grâce au microscope numérique, des gouttes de sang permettant de rechercher le groupe sanguin,… .

Autant d’indices, qui vont mener les élèves à se poser des questions, à étayer une multitude d’hypothèses, à analyser les indices et à comparer leurs résultats. Les témoignages les guident, mais parfois les emmènent vers des pistes infructueuses ! Est-ce un crime passionnel ? Par jalousie ? Ou bien une discorde professionnelle ? A-t-il été prémédité ou accidentel ?

Les élèves TIC ne pourront découvrir la vérité qu’en allant au bout de leurs investigations ! »

                                                     Mireille DESCHATRE, Professeur de SVT au collège George Sand à La Châtre

 

    

Recherche des indices et détermination du groupe sanguin par les élèves 

Témoignage de Germain (élève de 3ème)

« Le club scientifique des « Experts à La Châtre » est un atelier que je pratique depuis la 6ème. La première fois, le professeur m’a expliqué le projet et cela m’a intéressé. Détection d’empreintes digitales, décodage de message, rencontre avec les gendarmes spécialisés, recherche sur le sang, recherche d’indices sur une scène de crime, balistique…, voilà le programme depuis tout ce temps. Cet atelier développe la réflexion, la créativité et le goût des sciences. Je participe à nouveau à l’atelier cette année, car il y a une bonne ambiance dans le groupe et on apprend chaque année plein de nouvelles choses. »

Témoignage de Céléna (élève de 5ème)

« Avec l’atelier scientifique, j’ai appris à aimer les sciences car on fait plein d’expériences. Il faut réfléchir et imaginer plein de solutions pour comprendre ce qui s’est passé pendant le meurtre. J’aimerais vraiment être dans la police scientifique plus tard. C’est un métier qui m’intéresse, mais je pense que les études sont difficiles. Quand on est passionné, il faut faire ce qui nous plaît ! »

 

Collège Les Dauphins à Saint-Jean-de-Soudain (académie de Grenoble)

« Cette année, les élèves de 3ème du collège Les Dauphins partent sur les traces de l’agresseur de Virginie Lefranc, l’agent d’une auteure célèbre, venue préparer une conférence en salle S7. Une véritable enquête grandeur nature, dans laquelle les élèves endossent le rôle de TIC, technicien en investigation criminelle. Répartis en plusieurs équipes, ils doivent faire le gel des lieux, authentifier les preuves, les inventorier, les mettre sous scellés, révéler les traces de sang effacés, relever les empreintes digitales, mouler les empreintes de pas, étudier des faux documents mais aussi faire une étude balistique.
Une fois tous les indices récoltés, les analyses peuvent commencer et le jeu de piste est lancé ! Affaire à suivre… »

                                                                              Fanny DEVOIS, enseignante coordinatrice et porteuse du projet

 

    

La scène de crime (fictif!) que les gendarmes aident à décrypter

 

Le témoignage des élèves :

Valentin Fréchet
« Sur la scène de crime, je m’occupais du relevé d’indices et de la mise sous scellés.
J’étais sur la scène et on avait un rôle de terrain. C’était assez réaliste ! »

Camellia Metailler
« Lors de l’intervention des pompiers et des gendarmes, c’était intéressant, nous avons appris les gestes du massage cardiaque mais aussi comment se passait une intervention. Sur la scène de crime, je m’occupais des traces de sang, c’était très intéressant à nouveau et nous devions porter des gants, des blouses pour ne pas polluer la scène de crime. »

 

        

Les indices pleuvent : ils sont placés sous scellé et analysés au microscope numérique 

 

Chloé Cécillon

« Je devais révéler les traces de sang grâce à du luminol, il a fallu maîtriser la technique puis analyser les lieux pour savoir où pulvériser le produit. C’était très impressionnant !»

Néolie Chavrot

« Je trouve que c’est très intéressant car on peut découvrir différents métiers et tester les techniques en conditions réelles »