Depuis la première édition du concours CGénial en 2008, ce sont au total pas moins de 80 000 élèves qui ont été mobilisés autour de près de 4 000 projets scientifiques et technique inscrits. Le succès du concours se construit notamment grâce à l’implication des enseignants qui soutiennent les élèves dans la construction de leur projet.

« Sciences à l’École » a recueilli le témoignage de plusieurs enseignants qui exercent en lycée : ils racontent leur parcours, leur motivation et leur démarche visant à rendre les élèves acteurs de la construction de leurs savoirs.

FOCUS sur le Lycée Édouard Branly à Boulogne-sur-Mer, avec les témoignages de :

  • Olivier BURIDANT, professeur de physique-chimie ;
  • Marie-Christine REMOND, technicienne de laboratoire.

Le Lycée Édouard Branly à Boulogne-sur-Mer (académie de Lille) – Crédits photo : site web nordlittoral.fr


Olivier BURIDANT, professeur de physique-chimie

Pouvez-vous présenter votre formation scientifique et votre parcours d’enseignant, notamment au lycée Édouard Branly ?

Je suis ingénieur agro et j’ai commencé ma carrière comme chercheur pour les services vétérinaires et la répression des fraudes. Problématique : la qualité du poisson. C’est un produit très altérable, le délai d’acceptation de la livraison est (était) de 12 h, les tests officiels microbiologiques demandent quelques jours, il fallait développer des techniques rapides pour la quantité et l’identification des espèces (par isoélectrofocalisation des protéines sarcoplasmiques en gradient de pH). Passionnant, mais je n’avais qu’une maigre indemnité de recherche, j’ai complété mon salaire avec des heures de physique (au lycée Branly) pour un remplacement puis un autre … J’ai passé le CAPES, je l’ai eu du premier coup.

J’ai choisi d’être TZR pour parcourir les lycées du littoral, voir les méthodes, le matériel… J’étais rattaché au lycée Mariette voisin, je me suis mis en service 35 h au labo entre deux missions, j’ai beaucoup travaillé avec les prépas MPSI, pour les changements de programmes et la mise en place des TIPE.

Je suis revenu au lycée Branly, par choix, le 1er septembre 2001. Depuis j’ai toujours travaillé en Terminale S (tronc commun et spé) et avec des classes de Seconde en tronc commun et TSP puis PCL puis SL.

Je me suis lancé dans les Olympiades de Physique le jeudi 6 mars 2003, une année de pause dans les changements de programmes, Objectif science en 2005 devenu le concours CGénial en 2007/2008.

Chad LEPECUCHELLE, Cédric MAGNIER et Margaux MARÉCHAL lors de la finale nationale du concours CGénial 2019, à la Cité des sciences et de l’industrie à Paris le 25 mai 2019.

Qu’est-ce qui vous motive à inscrire des projets au concours CGénial ? Quel intérêt les élèves trouvent-ils à y prendre part ?

Les projets Olympiades et CGénial permettent aux élèves de mener leur projet de manière identifiée et reconnue : c’est tel groupe, ils sont identifiés par l’administration, les collègues et les autres élèves impliqués.

Les élèves y gagnent beaucoup en autonomie. Vu les délais, les élèves construisent beaucoup de maquettes, au début avec des bouts de ficelle : chez nous on ne rêve pas devant un catalogue ni devant internet, on décide et on construit ! On installe, on range, on fait le ménage… on grandit. Ils doivent apprendre à trouver des ressources dans le lycée, demander au magasin, à l’administration, en SVT, en biochimie, en génie civil… voir un collègue… : ils apprennent à découvrir et à connaître le lycée.

Rapidement les élèves prennent confiance car ils voient très vite qu’ils dominent plus le sujet que les autres, y compris des spécialistes. Les élèves gagnent en expérience et peuvent en discuter. On les écoute respectueusement, on leur demande leur avis. Ils commencent à être traités comme des grands : « en adulte ». Leurs mesures, leurs résultats ne sont pas contestés par moi ! Ils expliquent, on les critique ensemble, mais leurs résultats sont validés. Ce sont leurs résultats, leur physique, ça change du TP où on cherche « la valeur du prof », celle de l’étiquette. En cas d’erreur on a le droit de recommencer, il n’y a pas de jugement. Il y a beaucoup d’entraide entre les groupes, j’y tiens beaucoup.

Ce travail est rapidement connu et reconnu. D’abord par  les articles dans l’ENT, puis très régulièrement nous avons le droit à la presse locale voire France 3. Ils deviennent des stars dans leurs classes et familles. Lors des ouvertes, ils présentent leur travail et en général les sections scientifiques du lycée aux familles.

Dans un premier temps, ce travail supplémentaire est valorisé dans les bulletins scolaires et dans Parcoursup. Très rapidement l’aisance face à un public devient un atout pour le grand oral du baccalauréat. Dans un second temps, ces projets servent de base pour les TIPE en prépas : ici le temps est compté, c’est très précieux d’avoir pris le temps de se préparer à cette épreuve. Ils ont déjà la démarche.

Les rencontres régulières avec les anciens élèves des projets lors des forums d’orientation du lycée ou lors des portes ouvertes sont d’excellentes sources d’informations pour savoir comment eux ont tiré partie de leur projet. Les discussions entre jeunes sont souvent directes et sans détours. On oublie les galères et on ne retient et transmet que le positif.

Pendant les projets, on discute librement, la barrière prof/élève n’est plus la même, on parle du projet et… de tout des difficultés scolaires à l’orientation, en passant par tout les autres sujets ! Tout problème a une solution, plus ou moins évidente. On règle toujours en premier les problèmes scolaires, priorité à l’école ! Problème de physique de maths, de SVT, anglais, HG, philo, français… Ces élèves affichent 99,5% de réussite au bac (1 seul échec, et volontaire !) avec très souvent des élèves en situation d’échec scolaire. Par exemple, cet élève non admis à redoubler en Première S, passe en Terminale S, obtient son bac du 1er coup et devient major de licence de physique à Paris : il est aujourd’hui directeur d’un hôpital ! Bref, ce projet est un véritable ascenseur social !!!

Chez nous c’est devenu un objectif pour les collégiens : venir au lycée pour faire les Olympiades et CGénial. Des « petits cinquièmes » ont déjà « réservé leur place » lors des dernières portes ouvertes !

Margaux MARÉCHAL, finaliste du concours CGénial 2019, lors des rencontres « Speed Sciences » organisées à l’Académie des Sciences. Crédits photo : Académie des sciences.

– Comment procédez-vous chaque année pour construire un nouveau projet ? À quel point les élèves interviennent-il dans les choix à effectuer ? Quel est leur degré d’implication et d’autonomie dans les actions menées ?

Le recrutement se fait par « contamination » : je ne fais pas de pub, ce sont les élèves qui la font. Certes la contamination est provoquée par la rencontre des élèves de l’atelier chimie du lycée (20 élèves de seconde, dont 18 filles cette année) qui font 4 à 6 mercredis de manips pour le plaisir de faire de la chimie « en vrai » : de gros TP de synthèses, de dosages, avec beaucoup de verrerie sur des thèmes qui plaisent, tels les colorants, les médicaments, les savons… Ces élèves croisent ceux des projets Olympiades et CGénial à la pause goûter ou café ! On discute.

Les plus motivés restent pour regarder, pour se lancer. C’est le début de l’aventure.

Chacun cherche une idée, en physique, en chimie… On fait quelques essais, on a le droit à l’échec. On échange avec les autres « qu’est ce que vous faites ? », « et pourquoi vous ne faites pas ça ?». On donne des idées « vous devriez faire ça », en fait c’est très flou au départ, il faut apprendre à se faire confiance et se lancer.

Moi , je cadre  « Non, c’est impossible (sécurité) , ou on n’a pas les moyens.», « Vous pouvez , mais c’est trop théorique», « Attention, là vous allez travailler dans le noir», « Attention vous ne pourrez faire des manips uniquement le mercredi après-midi parce que c’est impossible à faire à la maison ou dans la semaine», « Super vous allez pouvoir avancer à la maison ! »

Chaque année, les élèves produisent une banque idée, de sujets commencés plus ou moins débroussaillés avec de la biblio, des fichiers-modèles Word, Excel Powerpoint … On a environ 80 ébauches de sujets en stock.

Les plus motivés et structurés commencent en avril, mai : 30 min à 1h par semaine puis ça augmente progressivement jusqu’à 5 h le mercredi et un peu entre les cours. C’est prenant. Pour les autres, rendez-vous en septembre… Et là, ils amènent des nouveaux, et c’est reparti pour un tour !

Mélanie LEROY, Eugénie GOBERT et Salomé BESNIER expliquant leur projet (Effet Thelier) à de jeunes enfants lors de la finale nationale du concours CGénial 2013. Crédits photo : Sciences à l’École.

– Quelle organisation particulière, le fait de coordonner simultanément plusieurs projets requiert-il ? 

Il faut être disponible pour tous. Je suis là tous les mercredis au lycée de 13h à 18h30, du 1er septembre au 10 juillet ! Ensuite, Il faut savoir écouter et surtout analyser très vite, en particulier les échecs qui sont souvent sources d’idées géniales. Il faut être ouvert, accepter la démarche qui peut être non académique, non scolaire. Il faut accepter les échecs.

Il faut faire confiance, on peut les laisser travailler seuls le mercredi ou en semaine dans une salle, nous avons un local (25 m²) pour ranger et pour travailler : le travail en autonomie, ce n’est pas une utopie.

Mais il faut veiller à ce que les élèves ne gardent pas d’idées fausses en tête ou un mauvais vocabulaire, sinon on ne peut plus le retirer. Ils construisent leur physique mais attention aux erreurs de construction, il faut des fondations solides pour construire.

– À quel point la subvention versée chaque année par « Sciences à l’École » et la Fondation CGénial est-elle déterminante au développement des projets ?

Elle donne une identité au projet. Administrativement on est reconnu, on a une autonomie financière, on ne coûte pas trop cher au lycée. Les élèves ont leurs budgets, ils sont reconnus. Ils existent, on croit en eux ! Leur subvention est connue via le CA. C’est une bouffée d’oxygène pour acheter du matériel assez spécifique sans chercher une justification pédagogique même si le matériel est ensuite utilisé dans le lycée. La date assez tardive permet d’inscrire au concours CGénial des élèves qui ont un projet trop tardif pour les Olympiades.

Perrine CAGNEAUX et Clémence BERNARDY reçoivent le premier prix de physique fondamentale, lors du forum international « Step into the Future » à Moscou en 2007.

– Pouvez-vous détailler votre histoire avec le concours CGénial au sein du lycée Édouard Branly, ainsi que vos participations à d’autres concours ?

Nous participons depuis 2008 au concours CGénial (et son prédécesseur le concours Objectif science de 2004 à 2007). Depuis 2004, nous avons encadré 59 projets pour les Olympiades de Physique. Les filles représentent 64% du nombre total des élèves mobilisés dans ces projets. Évidemment toutes ces participations génèrent des milliers d’anecdotes qui vont du fou rire à la crise de nerfs !

Nombre de projets finalistes et palmarès :

Année scolaire

Objectif Science

Concours CGénial

Olympiades de physique

Concours internationaux

2003-20004

1 (5ème prix) 

2004-2005

1 (1er prix)

1 (3ème prix) 

2005-2006

1

1 (2ème prix)

 1 (4ème prix)

EUCYS Stockholm

EMS Malte

Step into the Future (1er prix physique fondamentale)

2006-2007

1

1 (2ème prix)

1 (3ème prix) 

2007-2008

1

2 (2ème prix)

2 (4ème prix)

2008-2009

3

3 (2ème prix)

2009-2010

1

1 (3ème prix)

 1 (4ème prix)

2010-2011

2

2 (2ème prix)

1 (3ème prix)

2011-2012

1 (2ème prix)

1 (3ème prix)

2012-2013

1

2 (2ème prix)

1 (3ème prix)

2013-2014

1 (2ème prix)

1 (3ème prix) 

2014-2015

1

1 (1er prix)

EUCYS Milan

EMS Bruxelles

2015-2016
2016-2017
2017-2018

1 (1er prix)

2018-2019

1

1 (2ème prix)

2019-2020

Finale nationale annulée

1 (2ème prix)

2020-2021

1 (2ème prix)

Step into the Future
2021-2022

1 (1er prix)

1 (3ème prix)

– En quoi la participation à une telle démarche de projet peut-elle déclencher des vocations scientifiques chez les jeunes ?

Les élèves construisent leur science, ils apprennent à résoudre leurs problèmes, à chercher leurs solutions leur biblio, ensuite ça devient plus facile de résoudre les problèmes (assez simples) posés par le professeur, avec une biblio toute faite (le cours, le livre), suivre une démarche assez guidée… le TP.

On découvre que la physique ce n’est pas que celle des cours, c’est beaucoup plus varié, plus riche, qu’une goutte d’eau suffit à bloquer beaucoup de monde. On se découvre des motivations pour faire des maths, de l’anglais.

On apprend à se faire confiance pour affronter les difficultés du supérieur (les anciens reviennent les conseiller, les parrainer, les coacher). Et on passe d’une situation au départ où quasi aucun ne veut faire des sciences à une situation ou quasi tous en font au sens large (en y ajoutant médecine), pour y réussir.

Les filles occupent une place très importante dans les sciences dans notre lycée alors qu’elles sont très minoritaires dans le lycée. La physique, la science c’est féminin. Peut est-ce là un début d’explication ?

Il n’y a aucune sélection à l’entrée, ce sont elles qui viennent spontanément. Mais je remarque qu’elles ont de nombreuses qualités. En général elles sont organisées, soigneuses, ordonnées  et rigoureuses. Elles savent écouter et exprimer une observation ou des problèmes. Résoudre un problème, ça commence par l’identifier et transmettre l’info.

Elles n’ont pas de problème pour dire « Je n’ai pas compris » et demander de l’aide. Elles aiment transmettre, communiquer et présenter le projet pour partager avec les autres. Je pense qu’on a fait le tour des attendus d’un projet CGénial.

43 filles ayant participé aux projets sont rentrées en prépas scientifiques depuis 2003 (et 55 garçons) ; depuis 2013, 10 d’entre-elles ont intégré une « prépa parisienne »  (3 au lycée Louis-le-Grand et 7 au lycée Saint-Louis). 10 filles sur 11 (CGénial) ont validé leur première année de médecine, 19/83 pour les autres en 10 ans. C’est clair, elles sont douées, elles ont des capacités, elles ne demandent qu’à les exprimer.

« La vocation naît de la reconnaissance des capacités à résoudre un problème et à faire des sciences. »

Toutes ces activités sont un ascenseur social ! Je travaille dans un lycée dit technique (avec une image « bleu de travail », « tour d’usinage », béton… alors que les sections ont disparu depuis 30 ans !), nous travaillons essentiellement avec des élèves issus de milieux modestes.

– Le Lycée Branly est un des rares établissements en France à présenter cette année plusieurs projets au concours CGénial, coordonnés par des enseignants différents, dont certains découvrent le concours CGénial pour la première fois ! Quel message et quels conseils peut-on adresser aux enseignants qui ne connaissent pas le concours CGénial, pour les encourager à s’y inscrire ?

Le concours CGénial est un outil efficace pour construire sa science au lycée. C’est un moyen simple et efficace de financer des projets avec les élèves, grâce aux subventions versées. 

Inscrivez-vous, vos élèves vont vous étonner, vous allez les découvrir. CGénial c’est une aventure humaine, scientifique et pédagogique : merci au concours Génial de m’avoir aider à changer la vie de mes élèves !

Ces projets changent en profondeur les élèves pour mettre en valeur tous leurs talents : merci à mes élèves de me montrer chaque jour ce dont ils sont capables !

Devant de gauche à droite : Didier SORET (avec la barbe) puis Maxime FREY, Olivier BURIDANT, Laurine ANDRIEUX et Théo DEKNUYT, lors de la finale nationale des Olympiades de Physique 2015. Crédits photo : Laurent PHIALY.

Marie-Christine REMOND, technicienne de laboratoire

Elle collabore avec Olivier BURIDANT et tous les autres enseignants impliqués dans les projets, assurant le conseil et la logistique technique, indispensables à la mise en œuvre des projets des élèves.

– Pouvez-vous nous expliquer votre rôle et votre implication dans les projets auprès des élèves ?

Mon travail de technicienne de sciences -physiques me donne au quotidien l’occasion de m’investir auprès des élèves. Chaque mercredi après-midi, au 3ème étage, secteur physique-chimie du lycée Branly, il est un rendez-vous hebdomadaire à ne pas rater. Une quinzaine d’élèves engagés dans leurs projets scientifiques prennent plaisir à se retrouver pour travailler ensemble, avec toujours la même motivation d’avancer.

Mon rôle est de permettre aux élèves de travailler leurs projets dans les meilleures conditions et en toute sécurité. Je fournis, bien sûr, le matériel scientifique et les réactifs chimiques selon les besoins et demandes. Cependant l’idée principale reste pour moi, d’être parfaitement organisée et efficace afin de minimiser les pertes de temps, les échéances des dates de concours arrivant toujours trop vite.

Les élèves ont toute liberté dans le choix du projet. Cependant, j’accompagne les élèves dans leurs démarches expérimentales et les aide à la réalisation de montages aussi divers que variés. Il faut souvent se creuser les méninges pour améliorer et fabriquer par nos propres moyens les outils nécessaires à l’élaboration du projet. Je mets souvent en place de simples et rapides manipulations de laboratoire de base, cependant innovantes pour les élèves. Elles sont de bons supports pour développer une certaine technicité, acquérir de la dextérité et de ce fait apporter la confiance en soi.

Même si les premiers essais d’expériences sont parfois décevants pour les élèves, nous tentons avec eux de garder le cap et d’avancer. L’envie de gagner est toujours présente en chacun d’eux, elle génère une belle énergie communicative. La collecte des premiers résultats et leur analyse amènent les premières satisfactions pour toutes les équipes. On se retrouve souvent à vivre de belles confrontations d’idées, on discute beaucoup, on se concerte et s’installe alors rapidement une belle émulation au sein de chaque groupe. Une de mes activités favorites est de participer à la rédaction des rapports, au montage des power points, mais c’est surtout d’entraîner les élèves à maitriser l’expression orale et physique face à un jury de spécialistes. Je les encourage à clarifier leurs arguments avec des mots scientifiques, à savoir s’exprimer avec précision et rigueur sur l’analyse de résultats numériques. Une certaine aisance requise pour le grand oral de terminale est acquise par le biais de cet entraînement. Pour favoriser l’information et communiquer davantage sur nos actions, je crée un blog sur le service environnement numérique du lycée (ENT) relatant les performances scientifiques, les réussites de nos élèves aux différents concours, informant des articles de presse, des déplacements et visites de laboratoires spécialisés.

Les élèves récompensées pour le projet « Effet Schlieren : voir l’invisible, c’est possible ? », 3ème prix lors de la finale nationale des Olympiades de Physique 2022 et inscrit au concours CGénial 2022. À gauche, Marie-Thérèse LEHOUCQ, présidente de l’UdPPC. À droite, encadrant les élèves, Arnaud LEMAIRE, professeur de physique-chimie et Marie Christine REMOND, technicienne de laboratoire. Crédits photo : Twitter @Olymphys

– Comment coordonnez-vous votre travail avec les enseignants dans le cadre de ces projets ?

En dehors de ma mission pure de technicienne de laboratoire physique-chimie, je m’investis au quotidien, dans la promotion des sciences avec les professeurs de physqiue-chimie M. Buridant, M. Lemaire et M. Gaigneur, et un professeur de mathématiques M. Soret.

M. Buridant, responsable du laboratoire des sciences, perpétue depuis des années les traditions des Olympiades et du concours CGénial au lycée Branly. Il est à l’origine de cette belle mobilisation, et chapote notre petite équipe. Source inépuisable d’idées aussi ingénieuses que novatrices. Il nous entraine invariablement dans son sillage.

Concrètement cette année 2022, nous accompagnons et inscrivons cinq groupes d’élèves parallèlement aux concours des Olympiades de Physique et CGénial, dont deux constitués exclusivement de filles.

Dès septembre les équipes se forment et sont toutes accompagnées par deux professeurs. Même si je ne suis pas enseignante, M. Buridant m’accorde sa confiance pour encadrer une équipe de filles, et une équipe de garçons.

Coordonner entre nous le travail pour gérer au mieux l’ensemble des équipes peut sembler être une tache laborieuse aux vues du nombre d’équipes ! Cependant M. Buridant, M. Lemaire, M. Gaigneur et moi-même avons l’habitude de travailler ensemble. C’est quelque part une évidence !  Les compétences et spécificités de chacun sont mises à profit. Tout ce qui touche à la pure théorie reste du ressort des professeurs, et mes remarques constructives sont toujours prises en compte. Une question posée par l’un trouve rapidement réponse grâce à un autre.

Chaque groupe s’active dans une salle de classe mais les échanges sont légion et une entraide naturelle s’installe. Cependant chacun mène son équipe de façon indépendante, selon son rythme. En fin de journée, chaque groupe gère le rangement de son matériel.

Pour l’anecdote : la salle dite « des Olympiades », qui est en fait une pièce où se trouvent entreposés le matériel, ainsi que les objets et vestiges des anciens projets, nous est d’une grande utilité. On y trouve toujours ce que l’on y cherche ! Olivier nous répète alors pourquoi il est toujours nécessaire de « ne rien jeter ! »

Les élèves récompensées pour le projet « De la couronne à l’accolade », 1er prix lors de la finale nationale des Olympiades de Physique 2022 et inscrit au concours CGénial 2022. À gauche, Sylvie RETAILLEAU, présidente de l’Université Paris-Saclay. Au fond, Olivier BURIDANT et Didier SORET, respectivement professeur de physique-chimie et professeur de mathématiques. Crédits photo : Twitter @Olymphys

– Quelles satisfactions personnelles et fiertés votre métier vous apportent-elles particulièrement ?

Mon métier de technicienne au laboratoire de sciences-physique du lycée Branly m’offre d’abord la possibilité de travailler dans un environnement agréable, nos laboratoires sont lumineux et suffisamment spacieux. C’est une satisfaction au quotidien. J’y travaille chaque jour, avec deux adjointes techniques et une équipe pédagogique de quatorze professeurs. Outre les nombreuses connaissances techniques et scientifiques, ma mission fait appel à de bonnes capacités organisationnelles, une adaptabilité facile et des compétences en sécurité. L’enchainement des manipulations est rapide, le rythme de progression dans le programme impose, à moi et mes collègues, le rythme du travail au sein du laboratoire de physique-chimie. M. Buridant, notre chef de laboratoire, nous laisse à chacune toute autonomie dans l’organisation de notre travail. J’ai également une grande autonomie d’action concernant la gestion du budget et la gestion du laboratoire d’une façon générale. J’y vois pour ma part une belle marque de confiance que j’’apprécie beaucoup.

Je suis présente avec le professeur responsable, aux TP de chimie des sections SPCL. J’apprécie de pouvoir accompagner et aider les élèves durant ces séances.

Ma priorité personnelle a cependant toujours été d’aller au-delà de mes fonctions habituelles. En poste au lycée Mariette à Boulogne-sur-Mer durant cinq ans, j’ai eu la chance de participer activement à la préparation des élèves au concours des Olympiades de la chimie. C’était génial ! Arrivée au lycée Branly en 2016, je me suis naturellement investie très vite dans les activités engagées par le lycée, à savoir le concours CGénial et les Olympiades de Physique. Depuis septembre 2021 je suis responsable avec M. Lemaire, du suivi de projet de deux groupes d’élèves. C’est un travail intense, enrichissant et passionnant. Pour parler simplement : je m’éclate ! Je suis très fière de faire partie de l’équipe de M. Buridant.

J’ai demandé personnellement à ma hiérarchie la possibilité de créer un club chimie « atelier découverte de la chimie « au sein du lycée, au bénéfice des élèves volontaires de seconde, et particulièrement pour les filles. Cette demande s’inscrit dans la volonté de familiariser les élèves avec la pratique expérimentale de la chimie. J’ai obtenu la concrétisation de mon projet en mars 2019 et avons démarré avec six élèves. Cette année nous avons 22 inscriptions pour les 4 prochaines séances de mars 2022. C’est pour moi une très belle source de fierté.

Crédits photos (sauf mention contraire) : Olivier BURIDANT-lycée Édouard Branly

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